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Retour sur deux mois de criées de rue

Durant ces deux derniers mois, les crieurs de rue de la Compagnie Une aile la nuit ont déambulé dans les rues de Dinan, 2 fois par semaine, pour crier vos messages, anecdotes ou poèmes. L'objectif était de garder le lien avec vous, vous donner le sourire mais aussi soutenir les professionnels de la culture !

Merci de votre participation aux fenêtres, de vos applaudissements et de nous avoir partagés vos messages !

Retrouvez quelques messages d'habitants :

Message de Kelly :

La Cité de la peur

« On peut tromper mille fois mille personnes, non, on peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut pas tromper mille fois mille personnes. Non, on peut tromper une fois mille personne mais on peut pas tromper mille fois une personne. Non.

Ne vous trompez pas mille fois, soutenez vos commerces locaux ! »

 

Message de Kelly :

La ronde des jurons - Brassens

« Tous les morbleus, tous les ventrebleus,

Les sacrebleus et les cornegidouilles,

Ainsi, parbleu, que les jarnibleus

Et les palsambleus,

Tous les cristis, les ventres saint-gris,

Les par ma barbe et les noms d'une pipe,

Ainsi, pardi, que les sapristis

Et les sacristis,

Sans oublier les jarnicotons

Les scrogneugneus et les bigre’ et les bougre’,

Les saperlott's, les cré nom de nom,

Les peste, et pouah, diantre, fichtre et foutre,

Tous les Bon Dieu,

Tous les vertudieux,

Tonnerr' de Brest et saperlipopette,

Ainsi, pardieu, que les jarnidieux

Et les pasquedieux.

Quelle pitié !

Les charretiers

Ont un langage châtié !

Les harengères

Et les mégères

Ne parlent plus à la légère !

Le vieux catéchisme poissard

N'a guèr' plus cours chez les hussards...

Ils ont vécu, de profundis,

Les joyeux jurons de jadis. »

 

Message de Kelly :

Antigone - Anouilh

« De me promener, nourrice. C’était beau. Tout était gris. Maintenant, tu ne peux pas savoir, tout est déjà rose, jaune, vert. C’est devenu une carte postale. Il faut te lever plus tôt, nourrice, si tu veux voir un monde sans couleurs.

Le jardin dormait encore. Je l’ai surpris, nourrice. Je l’ai vu sans qu’il s’en doute. C’est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.

Dans les champs, c’était tout mouillé, et cela attendait. Tout attendait. Je faisais un bruit énorme toute seule sur la route et j’étais gênée parce que je savais bien que ce n’était pas moi qu’on attendait. Alors j’ai enlevé mes sandales et je me suis glissée dans la campagne sans qu’elle s’en aperçoive…

Tu crois que si on se levait comme ça tous les matins, ce serait tous les matins aussi beaux, nourrice, d’être la première fille dehors ? »

 

Message de Julia :

« Je veux une ville radicale

Une ville loin de cet empire colonial

Loin des rois du pétrole, génial

Anti patriarcal

Je veux changer les lois en ruines

Changer les rites

Changer les fêtes

Changer les têtes

Changer les êtres

Furie, super héroïne.

C’est dans les yeux des femmes que je vois la différence 

Il y a urgence 

Au fond de leurs yeux scintillants

Utopie humaine sans précédent

Je veux une vie inversée. 

Marcher sur le ciel bleuté, 

Me perdre dans la ville

Tranquille

Je veux une ville bleue

Regarder les gens heureux

Courir, s’amuser et rentrer chez eux

Voir leur bonheur dans leurs yeux. »

 

Message de Nina, un message plagié avec assomption à Charles Baudelaire (Le Chat, Les Fleurs du Mal) :

« Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu'en son appartement,

Un beau chat, fort, doux et charmant.

Quand il miaule, on l'entend à peine,

 

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.


Cette voix, qui perle et qui filtre,
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a pas besoin de mots.

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux ! »

 

Message de Katia :

« Enfin de l'argent crié par les fenêtres ! »

 

Message des enfants de l’école Mosaïque :

« Je n'aime pas que les jouets et les livres soient non essentiels. » Jules

« On a joué au Croqu'carottes et aux Playmobils avec nos frères. » Lili et Charlotte

« Je préfère ce confinement parce que je vais à l'Ecole. » Hawa

« Je suis plus libre de sortir qu'au 1er confinement. » Naila

« J’aime le confinement car dans ma maison je suis protégée. » Jade

« J’aime rester à la maison avec ma famille. » Mia

« Je n'aime pas faire l'Ecole à la maison ! » Arouna

« Mes amis et les maitresses me manquaient avant. » Flora

« On a fait des cookies des gâteaux à la banane et des apéros avec les voisins dans le jardin. » Hawa Arouna Naila et Mia

« Le confinement c’est trop nul ! » Solène

« J’aimerai voir mes amis en dehors de l'Ecole... » Maïa

« J’aime bien le confinement parce que je joue à la console et au foot dans mon jardin. » Anthony

« Je devais partir faire la fête tout le week-end a un mariage mais à cause du confinement on ne peut pas alors on va juste boire un petit verre à la maison. » Emma

« Les ballades ne sont pas assez longues, 1km ce n'est pas suffisant! » Solène

« Vivement que les restos rouvrent ! » Sacha

« Vivement que les piscines rouvrent ! » Robin

« C’est pas un confinement car on sort tous ! » Lya

« Moi, j’aime pas trop sortir et me promener donc j'aime bien le confinement. » Celia

 

Message Zif :

« Il était le dernier d'une fratrie de 9 enfants 

Il devient mousse sur ''l'Audacieux'', à 12 ans 

Sur les bancs de Terre-Neuve, il écrit moult chansons 

Il périra noyé, et fidèle à sa réputation… 

 

Théodore Botrel, auteur de la ''Pimpolaise’' 

N'aimait pas et jalousait Marie-Yves 

Il ne s'en cachait pas : il voulait qu'il disparaisse 

Il lui faisait de l'ombre, « çui qu'était bin souvent ivre »… 

 

Botrel, l'antisémite, n'était jamais allé en mer 

Il sentait le renfermé, l'antidreyfusard notoire 

Pendant ce temps -l'ignorant, Yves-Marie cherchait des airs 

Des mélodies, des paroles, jusque très tard, le soir !

 

Il était le dernier d'une fratrie de 9 enfants 

Il devient mousse sur ''l'Audacieux'', à 12 ans 

Sur les bancs de Terre-Neuve, il écrit moult chansons 

Il périra noyé, et fidèle à sa réputation…

 

Il a composé la ''Cancalaise''. « Et bien d'autres fadaises » 

Comme le disait son meilleur ennemi : Botrel Théodore

Rien n'trouvait grace à ses yeux. « Tout à j'ter d'la falaise 

Du marin poivrot, rempli de tafta, à ras bord » 

 

Yves-Marie mourra lors d'une pêche à la morue 

Son corps ne sera jamais retrouvé 

On l'oublia, comme on oublia la pêche à la morue 

On le ''découvrit'' au travers d'une brochure dans un vide greniers… »

 

Message anonyme :

« Il pleut dehors ce matin,

L’enfant se réveille, court dans la chambre de ses parents et s’écrie «  Regarde Maman, le soleil pleure » ».

 

Message d’Ismaël :

« Les abeilles vivent dans les ruches,

Les poules dans les poulaillers,

Les chiens dans les niches

Et les escargots …. Dans les salades ? »

 

Message anonyme :

« Et n ‘oubliez pas, si le canapé miaule c’est que vous êtes assis sur le chat ! »

 

Message anonyme :

Écrin.

« À Dinan.

Comme une cité d'or dont les toits sont l'écrin.

D'un diamant qui verse une tendre lumière.

Glorieuse, Dinan reflète une écumière.

Hargne bretonne au feu d'un cheval dont le crin.

Est une eau qu'illumine un soleil doux que craint.

 Le gouffre en son galop inique. Ici, la pierre.

Réchauffe, protège et berce comme la fière.

Mer des arbres et des champs jusqu'à son marin.

Éclat maritime où s'avance une fenêtre.

Qui tire le foyer jusqu'à la porte à naître.

 De son meilleur haut bois. Son flot vif est pavé.

Des sensations qui résonnent l'infinie.

Réintégration du corps dans le génie.

Des hommes par lesquels le donjon est lavé. »

 

Message d’un résident de la Girandière :

« Il était une fois…

La veille de Noël, après le déjeuner, ma sœur et moi avons aidé nos parents à installer et décorer le sapin. L’après-midi fut bien occupé mais joyeux. Le poste de T.S.F. égrenait des chants de Noël que nous fredonnions. En fin de journée, notre arbre avait belle allure avec ses étoiles argentées, ses boules multicolores et sa guirlande électrique qui clignotait dans le crépuscule naissant.

Après le diner, je me retirai dans ma chambre. Pendant les vacances, pas de « couvre-feu ». Je pouvais lire après 20h30, et je lus, je lus longtemps des histoires de trappeurs et leurs chiens dans un livre de la « Bibliothèque Verte » sur le Grand Nord canadien. J’allais éteindre lorsque j’entendis des chuchotements et des légers bruits dans le salon. J’entrouvris la porte, et là,... je vis mes parents… qui… installaient les cadeaux dans les chaussures que nous avions posées au pied du sapin. Je ne dis rien et me recouchai tout songeur.

Le matin de Noël, avec ma sœur, nous avons manifesté notre joie pour les cadeaux trouvés dans nos chaussures. A la fin du déjeuner, ma sœur partit jouer dans sa chambre. Resté seul avec les parents, je leur dis… hésitant… Euh… hier soir… j’ai vu… Le Père-Noël. Ils sourirent, me prirent dans leurs bras et dirent « tu es notre grand fils maintenant ».

J’avais 7 ans...  L’âge de raison.

Il était une fois… un Noël qui fut différent des autres. »

 

Message d’un résident de la Girandière :

« Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes, je ne savais pas exprimer les mots pour te dire combien je t'aimais.

Tu me faisais rêver, vivre, vibrer, frissonner comme tu ne peux pas t'imaginer. Je savais que dans la nuit de Noël, et bien avant, tu voyageais partout. Dans le ciel, sur les routes sur tous les chemins boueux de la campagne de mon petit village que j'adorais.

Je savais aussi comment tu étais habillé. Pour te protéger du froid, tu te revêtais d'un grand manteau et d'une grande capuche rouge qui ne dissimulaient pas ta longue barbe blanche. Sur ton dos, tu portais une hotte remplie de cadeaux. Dans ma petite tête d'enfant bouillonnant de naïvetés et fééries merveilleuses j'essayais de deviner ce que tu allais m'apporter, déposer soigneusement dans mes souliers que je n'avais jamais autant cirés.

J'avais dit à mes parents que je voulais un ballon de foot. Mais dans l'école de ma jolie bourgade, je n'arrivais pas à être sage. Et tous les jours dans ma famille on ne cessait de me répéter « Attention, si tu n'es pas sage le père Noël ne passera pas ». Quelle épreuve pour moi, petit bonhomme tonique et indiscipliné que j'étais partout et en toute chose.

A tel point que dans ma petite chambre située au premier étage de maison, juste au-dessus  de la cheminée je t'avais entendu. J'en étais sûr. Je m'étais enfoui dans mes draps parce que c'était toi. Je racontais ça à tous ceux que je rencontrais où que ce soit.

Ah !!! Mon cher père Noël, si tu savais les bonheurs magiques et féériques que tu nous a fait vivre à l'époque de notre enfance. C'était chez nous ou ailleurs. Mais ce que c'était beau, très beau. Nous ne les oublierons jamais !!! »

 

Message d’Aliou Bah

« Le grand moment

Vite ! Vite ! Yallah ! Yallah !

Le bateau est sur l’eau prêt à partir.

On se bouscule

Et ils nous poussent.

Tu resteras là où tu t’es assis

Pas de place pour changer

Sinon danger.

 

On ne voit rien

Mais on entend

Le bruit de l’eau

Qui tape, qui frappe sur le zodiac

Et le clapot

Peut-être des poissons qui sautent.

 

Le temps qui passe

Le froid qui vient

Et puis la soif, la faim

Et puis les fourmillements.

 

Les eaux marocaines sont sombres

Les eaux internationales s’éclairent

La houle fait frontière.

 

Au petit matin

Le soleil est rouge sur l’horizon

Et viennent les dauphins

Ils nous guident sur le chemin

De la côte, de l’Europe.

Ils jouent et ils sont beaux

Ils font oublier la peur.

 

Le temps qui passe

Le chaud qui vient

Et puis la soif, la faim

Et puis l’angoisse.

 

Le zodiac est en plastique

Un petit trou suffit

Pour mettre fin au Game

 

Et puis soudain, au loin

Très loin et très petit

On peut voir des lumières

Ce sont de grands bateaux

Ou bien

 

On les appelle au téléphone,

La Salvamento

Alors c’est l’hélico

Qui vient et nous survole

 

Alors on le sait :

On a réussi

On n’est pas morts ! »

 

Message d’Alain :

Tu mérites un amour, de Frida Kahlo (1907-1954)

« Tu mérites un amour décoiffant, qui te pousse à te lever rapidement le matin, et qui éloigne tous ces démons qui ne te laissent pas dormir.

Tu mérites un amour qui te fasse te sentir en sécurité, capable de décrocher la lune lorsqu’il marche à tes côtés, qui pense que tes bras sont parfaits pour sa peau.

Tu mérites un amour qui veuille danser avec toi, qui trouve le paradis chaque fois qu’il regarde dans tes yeux, qui ne s’ennuie jamais de lire tes expressions.

Tu mérites un amour qui t’écoute quand tu chantes, qui te soutient lorsque tu es ridicule, qui respecte ta liberté, qui t’accompagne dans ton vol, qui n’a pas peur de tomber.

Tu mérites un amour qui balayerait les mensonges et t’apporterait le rêve, le café et la poésie. »

 

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